Vous avez surement pu apercevoir cette affiche – très réussie – où trois des plus belles femmes du monde – à ce qu’on dit – sont réunies autour du plus grand acteur de tous les temps (et ça c’est moi qui le dit). Vu les acteurs réunis pour Nine, on ne peut que trépigner d’impatience. D’autant plus que le dernier film du réalisateur (Rob Marshall), Mémoires d’une Geisha, était plutôt charmeur, et que Nine est tout de même une adaptation de Huit et Demi de Fellini… Malgré mes réticences face au genre du « film musical », j’étais vraiment impatient de le visionner. Que de déceptions face à cette piètre performance, déception quant au réalisateur mais aussi aux acteurs. Tout est surfait, kitch, déjà vu. Je ne comprends pas ce que le réalisateur a tenté de faire, si ce n’est réunir de grandes stars dans une comédie musicale.

Le scénario est somme toute très classique : un génie du cinéma, Guido Contini (Daniel Day-Lewis), se trouve en mal d’inspiration et entreprend de réaliser une comédie dont il n’a pas rédigé le script… car n’ayant plus d’inspiration. Voilà, le film s’arrête là. Nan j’exagère à peine! La performance de Day-Lewis donnera un peu de vie au personnage et à l’histoire, mais les actrices sont loin d’être aussi convaincantes. Leur rôle se bornera à être les muses du génie, ombres de leur passé, coquilles vidées par l’appétit insatiable du maître. Cette dialectique de soumission est d’ailleurs assez étrange. Mais revenons en à nos moutons. Au final, ce film est chaotique, sans saveur, de mauvais goût (c’est un peu antinomique me direz-vous). Et quand je parle de mauvais goût, c’est autant dans le traitement des scènes de danse que de la musique choisie à cet effet. Le spectateur aura avant tout envie d’éructer pour essayer de couvrir les sons insupportables et tristement amélodiques – quoi, ça existe pas? – qui sortent à intervalles réguliers de la bouche de nos actrices.

Voyez l’image dessus, c’est l’une des nombreuses scènes pseudo érotiques mettant en scène Penelope Cruz. Ridicule n’estèce pas?

Pour résumer, ce film fait un peu l’effet d’un superbe soufflet au fromage : gonflé, doré, odorant, mais une fois crevé, il n’y a rien à consommer. Et encore, j’hésite à user de cette métaphore car le soufflet a de la saveur. Tout ça pour dire qu’au final, Rob Marshall, loin de m’avoir convaincu que la comédie musicale était un art cinématographique à part entière et digne d’intérêt, aura surtout réussi à faire un bel effet de soufflet – encore lui – médiatique, mais pas de quoi pondre un fromage (au soufflet, le fromage). J’arrête d’insister, vous aurez compris que je suis déçu, d’autant plus que ma vénération pour Day-Lewis me faisait fantasmer chaque nuit sur un nouveau My Left Foot ou There Will Be Blood, je ne suis donc plus du tout objectif. Mon article est plutôt creux, donc pour résumer, s’il y a une chose à retenir, c’est de ne – surtout – pas aller voir ce film (ou du moins payer pour ça).

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