J’aime bien passer pour l’imbécile sans culture. J’ai rien de neuf à dire, je suis désolée. Je ne vais que rarement au cinéma, j’écoute la même musique depuis des années et je vais répartir mes articles à ce sujet (en plus les nouveaux morceaux que j’écoute me sont quasiment tous fournis par Phil donc action improductive, il en parle mieux que moi) et je lis bien des livres mais les articles littéraires ont un quelque chose de lassant en ce moment. Concrètement, ma vie est relativement calme, pas de petite anecdote à mettre en scène, et la seule chose qui m’intéresse un minimum en ce moment c’est mon manuscrit… Question sujet, c’est un peu la merde. C’est là que le réflexe de survie du chroniqueur intervient : les sujets faciles.

Aujourd’hui, parlons procrastination. Voilà un thème qui me parle bien, notamment parce que je suis en train d’écrire cet article au lieu de finir le commentaire d’arrêt que je dois rendre demain en droit administratif. Ce n’est qu’un exemple. Procrastiner, c’est avoir le syndrôme du « retardataire chronique », c’est toujours remettre au lendemain, c’est toujours penser qu’on « est large » alors qu’on sait parfaitement qu’on va en chier et tout faire à l’arrache, comme d’habitude. Je pense, honnêtement, que la flemme est une pathologie qui mériterait étude : de trop nombreuses personnes en souffrent au quotidien, tant et si bien qu’on pourrait presque penser à un handicap.

Mais on s’en fout. Eh ouais. On est comme ça, nous, les gens à l’arrache.

Plus qu’un défaut, ça devient même une fatalité avec les années. Cas d’espèce : mon commentaire d’arrêt, je sais que je dois le rendre demain depuis maintenant trois semaines. En vacances à Nancy, j’ai travaillé mon commentaire, plan, problématique et le reste, de façon à ne plus avoir qu’à le rédiger. Rentrer à Grenoble, autre chose à faire, soit, après, besoin de repos. A chaque fois qu’on évoquait le sujet dudit commentaire, je me contentais de me dire que « j’étais large » puisque je n’avais plus QUE à le rédiger. C’est fou tout de même : sommes la veille et j’écris toujours mon putain d’article.

Et le pire, le drame, dans tout ça, c’est que EN PLUS on se trouve des excuses! Il y en a des classes, en plus :
– J’aime faire les choses à l’arrache, je ne bosse qu’à l’adrénaline
– Une soirée de perdue drogué au café vaut mieux qu’une semaine à en chier pour un commentaire
– L’échec, c’est un mode de vie
– « pourquoi remettre au lendemain ce qu’on peut faire le surlendemain? » dixit Alphonse Allais.
– Une fois que les choses sont acquises, elles n’ont plus d’intérêt.

Ouais, ok, d’accord… Je suis douée pour me justifier, n’empêche que je suis toujours sur cet article et que mon commentaire n’avance pas. Le truc qui est horrible c’est qu’en plus je l’aurais fini à temps. Le procrastinateur est un génie de la débrouille et a un talent certain pour moduler le temps à son goût jusqu’à réussir les défis les plus incroyables. Un mémoire à rendre dans deux semaines? Facile. Une dissertation de philo pour après la pause repas? Large! Aller à la poste avant que mon colis soit renvoyé à l’expéditeur? Mais j’ai le temps…

Le problème c’est que, non, on n’a pas le temps. On n’a jamais le temps. Le temps c’est de la merde, le temps n’existe pas. Le temps n’est que fatalité et entrave. Heureux les simples d’esprit qui ne savent pas lire l’heure, bordel. Une petite notion de temps, des fois, c’est flippant – hop là, digression – un peu comme le fait de savoir qu’un enfant meurt de faim toutes les trois minutes, qu’un mec est contaminé par le virus du sida toutes les 6 secondes, ce genre de délire.

En attendant, je m’évertue à procrastiner. Je fais ça bien. On fait tous ça bien.
D’autant plus qu’il faut encore que je me relise, que je fasse ma mise en page, que je publie le tout sur facebook, msn, etc.
Admirez ce travail de professionnelle.

Amis flemmards, je vous salue!

Edit :  Pour toi,  Lecteur.

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