Comme il n’y a aucun suspense sur le sujet de l’article aujourd’hui, je vais rentrer directement dans le vif du sujet, ça évitera les introductions de deux kilomètres pour ne finalement rien dire. Allez, écoutez ça, qu’on puisse enchaîner ensuite :

 

Lecteur, je te présente John Mayall, le « pape du blues white », comme on le surnomme. Grand chef, j’te présente mon lecteur, c’est un brave type asexué qui a le courage de lire mes délires littéraires et ceux de mon co-bloggueur adoré.

The death of J.B Lenoir (comme ça double lien conceptuel avec l’article sur le blues noir via l’allusion à l’un des artistes phare cité par Phil, ça fait classe). Voilà l’hommage d’un bluesman blanc à l’un des plus grands bluesmen noirs américains de l’histoire.

John Mayall, à dire vrai, est même l’un des premiers bluesmen blancs de l’histoire, accompagné notamment par Alexis Korner. John Mayall, c’est le leader des Bluesbreaker, un groupe qui a plus que duré dans le temps. Je cite les noms, je cite des noms, ouais… Mais ça va plus loin.

Le blues blanc est né en Europe. Eh oui. Dans les années 60. C’est en Grande-Bretagne que nait le mouvement avec John Mayall & Alexis Korner, évidemment, suivis de près par les Rolling Stones (qui a un doute écoute Little Red Rooster et revient en parler avec moi ensuite). On trouve également l’irlandais Rory Gallagher dans la même lignée et, ce, rien que sur le vieux continent. Évidemment, the blues evil n’attendra pas longtemps pour se propager et contaminer tous les bien-pensants américains. Arrivent alors sur le devant de la scène des noms comme Johnny Winter ou encore Canned Heat.
Le blues blanc, années 60, d’abord Europe (Grande Bretagne) puis Etats-Unis, voilà ce qu’il vous retenir ce soir.

Forcément, les années 80 nous amènent les Blues Brothers & la boucle est bouclée, le blues blanc entre définitivement dans les mœurs, c’est magique.

Oui, c’est mignon tout ça, mais le blues blanc, ça reste quand même un putain de sujet polémique. Je ne citerais que quelques lignes connus d’une chanson française qu’on a tous déjà entendue : Armstrong, je ne suis pas noir, Je suis blanc de peau, quand on veut chanter l’espoir, quel manque de pot… Parce que, merde, le blues, à la base, c’est quand même un truc de black et ils font ça tellement bien qu’on peut se poser des questions. Le blues black est considéré comme le chant remontant des entrailles de l’histoire afro-américaine alors comment concevoir qu’un blanc s’y colle comme ça, presque avec arrogance? C’est très simple, à mon sens, c’est différent. Il y a une profonde différence, à l’écoute, entre du blues black et du blues white. Question de cohérence, sans doute. Le fait est que, blanc ou noir, les êtres humains ont – parait-il – une certaine profondeur, chacun a ses souffrances.

Musicalement, on peut affirmer sans détour que blancs & noirs se valent, Eric Clapton en est la preuve de par sa reconnaissance ultra mondialistiquement économique et vendable (j’ai toujours eu du mal avec Clapton, même si Layla est un morceau de choix). Sur le plan vocal, l’absence de certains gênes empêchent les bluesmen blancs de prétendre à la puissance de leurs confrères originels mais rien n’empêche à la beauté de leur chant, à la profondeur toute particulière de leur style. On ne peut pas limiter le blues à celui que les afro-américains ont su si brillamment créer. D’autant plus que l’émergence du blues blanc a permis une meilleure communication du blues evil, permettant la reconnaissance de jeunes noirs sortant comme Robert Cray ou le mérite d’artistes confirmés comme Buddy Guy. Fondamentalement, on parle du Blues Blanc comme du Blues Rock, considéré très souvent comme un savant mélange entre Blues evil & Rock’n’roll, on perçoit cette nuance avec des grands comme les ZZ Top ou Stevie Ray Vaughan. La liste d’écoute sera longue, n’en doutez pas, d’autant plus que je ne suis pas d’accord avec cette systématisation du blues blanc = blues rock. Le blues blanc, en lui-même, existe à mon sens, et ce sont des gens comme John Mayall qui me permettent de l’affirmer.

La musique, un langage humain & interethnique? J’ai déjà abordé ce sujet, sous d’autres formes, mais la question du blues amène un nouvel éclairage. Chaque culture a dans ses racines un quelque chose qui la rend particulière et le mélange des genres apporte de nouvelles lumières. Le métissage est l’avenir, c’est ce qu’on dit, eh bien force est de constater que c’est aussi le passé. Les bluesmen blancs ont amené une sorte d’hégémonie guitariste sur le style à la base beaucoup plus épuré du blues noir, ce qui a permis… Ce qui a permis? Jimi Hendrix, bien sûr! On s’y retrouve, au final, et de sacrés artistes nous attendent au tournant.

Que dire d’autre? Il y a tellement de détails à donner, c’est à devenir folle, aussi je propose de laisser là les explications interminables sur un genre qui n’a plus besoin d’être reconnu, de vous offrir une petite playlist bien sentie et d’ouvrir le débat dans les commentaires.

Voilà pour vos oreilles, les gens.

Bonne soirée.

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