La phrase du titre, c’est la phrase qui m’a poursuivie toute la journée, comme une doucereuse litanie, entêtante et tellement vraie… Cependant, plus qu’une simple phrase, c’est aussi une réplique du fameux Fight Club qui, au-delà d’être le film offrant la meilleure performance de Brad Pitt (pour ne pas dire la seule), est avant tout un livre. Ouais, un livre. Pas n’importe quel livre, en plus – non, non, non – un livre de Monsieur Charles Michaël « Chuck » Palahniuk. Et paf, ça fait un sujet!

Chuck Palahniuk, c’est sans doute l’écrivain le plus trash du XX° et je déconne même pas. Mais commençons par un petit topo généraliste, histoire de faire les choses bien.

Charles Michael « Chuck » Palahniuk (né le 21 février 1962 à Pasco, dans l’État de Washington) est un romancier satirique américain et un journaliste indépendant vivant près de Vancouver, Washington[1]. Après des études de journalisme qui ne lui permettent pas de vivre de ce métier, il devient mécanicien pendant 10 ans. Il écrit à cette époque Monstres Invisibles qui est refusé par les éditeurs en raison de son contenu trop provoquant. Il entreprend alors l’écriture de Fight Club qui rencontre un succès notable et est porté à l’écran en 1999 par David Fincher. Il est assimilé au mouvement dit d’Anticipation sociale.
Merci Wikipedia.

Plus concrètement, Palahniuk ne souffre aucun tabou. Il parle de tout comme il le souhaite et il fait ça bien. Son style, inspiré d’artistes comme Salinger, Tom Spanbauer ou Bret Easton Ellis, est considéré comme minimaliste. Le minimaliste, contrairement à ce qu’on pourrait penser, n’est pas l’auteur qui décide de ne faire que le strict nécessaire. Enfin, pas vraiment. Le minimalisme, c’est l’art d’utiliser un vocabulaire abordable par tous, des structures épurées & des phrases courtes pour transcrire ces récits dans un style relativement proche du parlé quotidien. Le but recherché par le minimaliste est de s’ouvrir davantage à ses lecteurs qui se sentent alors plus proches du texte (et s’en prennent donc carrément plus dans la gueule, sic.).

Plus en amont, Palahniuk, en plus de choquer, est aussi un homme qui pense. On se gave de ses réflexions en apartés, mélange de discours philosophiques et de théories absurdes, souvent misanthropes. Il y a Chuck Palahniuk et le sexe, Chuck Palahniuk et la violence, Chuck Palahniuk et la société, Chuck Palahniuk et la religion, Chuck Palahniuk et la morale, Chuck Palahniuk et la mort, Chuck Palahniuk et la considération humaine. Chuck Palahniuk qui ne respecte rien ni personne et c’est pour ça que je vous en parle.

Allez, pour le kiffe. Combo citations.

Et puis, quand ils sont épuisés, les hommes et les femmes vont à l’église.
Et ils se marient.
Être fatigué n’est pas la même chose qu’être riche, mais la plupart du temps c’est assez proche.
[Fight Club]

Sur une durée suffisamment longue, l’espérance de vie tombe, pour tout le monde, à zéro.
[Fight Club]

Tu dois admettre qu’il est possible que Dieu ne t’aime pas du tout. Il ne t’a jamais voulu. En toute probabilité, il te déteste et ce n’est pas ce qu’il peut t’arriver de pire. On n’a pas besoin de lui mec ! On n’en a rien à foutre de la damnation ni de sa sa foutue rédemption. On est les enfants non désirés de Dieu, très bien !
[Fight Club]

Au diable, l’idée d’inventer des monstres. Ici, il nous suffit de regarder parmi nous. D’être attentifs.
[A l’Estomac]

Et si Adam et Eve n’étaient pas tout bonnement les chiots que Dieu a largués parce qu’ils refusaient de devenir propres ?
[Berceuse]

Nécessairement, ça envoie un peu le pâté comme dirait mon co-bloggueur.

Et puis, tout ça, ça vous donne des références à vous procurer, forcément. Peste, Fight Club, A l’Estomac, Monstres Invisibles – ça, c’est ce que j’ai lu sur conseil de Shida – vous avez aussi Choke, Berceuse & le Festival de la couille et autres histoires que je n’ai pas encore lus.

Quelques mots sur l’un de ceux que j’ai lu? A l’Estomac. De loin le manuscrit le plus dégueulasse de Palahniuk, tant et si bien qu’on se demande parfois si notre estomac, à nous, ne va pas lâcher. L’histoire se base sur un scénario banal au possible. 23 lambdas répondent à une annonce qui leur propose de s’isoler pendant trois mois, trois mois où ils pourront tous se libérer de leur quotidien pour se consacrer enfin, de façon pleine et entière, à leur art, sans jamais être emmerdés par le monde extérieur. A dire vrai, le scénario est tellement bateau que ça fait un mauvais roman. Ouais. Mais ça fait une série de nouvelles complètement délirantes… Je ne peux pas vous en dire plus, sinon je gâcherais la beauté de la lecture, mais je vous assure que ça vaut le coup. [ à lire à jeun, par contre ].

Je suis le cerveau malade de Jack.

Ps : coup de cœur de lectrice aujourd'hui, ici.
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