Figurez-vous qu’on n’est pas sectaire. Non, non, non… Et même que, en plus, on a des potes. Oui, oui, oui…
& Figurez-vous que, cet aprem, alors que je galèrais en droit de la responsabilité, un des dits potes a eu la bonne idée de me proposer un article et comme il écrit pas trop mal… Bon bah forcément, hein… Bonne lecture.

Poste 1 – Invité H.

Aux dernières nouvelles, dans un autre monde où on préfère éviter les robes noires pour régler les problèmes entre blouses (plus ou moins) blanches…

C’est la crise, tout le monde le sait, le bon P.H. (Praticien Hospitalier) aussi. En effet, une avarie technique dans un accélérateur de particules canadien prive le monde médical de 40% de sa production de Technétium 99 méta-stable. Avec l’arrêt du réacteur hollandais, ça fait 70%. Les rares scintigraphies osseuses encore possibles se payent dans les services à coup de vingt-deux (le fusil, pas la seringue). De fait les – flegmatiques ? Ils ont quand même les J.O. à gérer – Canadiens mettront entre deux et cinq ans à réparer l’accélérateur. Faute de moyens, la mise sur le marché d’un nouveau traceur (le 18FNa pour les intéressés) pour cet examen, moins couteux, moins dangereux pour le patient et sa famille et moins émetteur de gaz à effets de serre, tarde… Mais bon, la polémique sur les médicaments orphelins, c’est has been. Remarquons simplement qu’il ne fait pas bon être technicien radio ces derniers temps… Entre l’Autorité de Sureté Nucléaire qui fait son travail sans vraiment pouvoir mettre la pression sur Suez et le Large Hadron Collider du C.E.R.N. qui fuit de l’azote liquide… L’avantage, c’est que la surchauffe du réacteur Osiris (pour produire ce fameux Technétium en France) ne risque pas de détruire le système solaire. Je sabre le champagne en 2012 si le C.E.R.N. remet en marche son dernier jouet pour l’occasion.

Cependant,  dans un monde où on reconnaît cinquante ans après les méfaits des essais nucléaires sur les bidasses (on attend encore pour les classes d’été à Mururoa…), où les portes de confinement des centrales civiles ne ferment pas forcément et où on facilite l’accès aux soins psychiatriques en potentialisant des hospitalisations d’office de jour (c’est-à-dire en consultation à l’hôpital, avec le « concours » obligatoire de la famille pour le suivi du traitement et surtout on ne s’intéresse ni au vécu forcément problématique du malade psy, ni aux fermetures de services et aux postes non-pourvus… Mais je digresse), il y a pire. Pire que le retour prévu du virus A/H1N1 pour l’hiver 2010, pire que le gouvernement suisse qui veut taxer le suicide assisté d’étrangers sur son territoire de 34.000 euros à la charge des associations d’aide aux malades, pire que le scanner qui fout à poil à l’aéroport (le conseil de l’homme droit et avisé : doublez vos sous-vêtements avec du papier aluminium).

Le pire, c’est la dernière campagne anti-tabac, soutenue très fort par une association qui portait le doux acronyme de D.N.F.. Pour Droit des Non-Fumeurs, bien sûr ! Un collectif admirable, en tous cas pour la volonté d’avoir porté ce nom alors qu’un tiers environ de la population (seulement) est fumeuse. Si la volonté avouée de cette campagne est, comme toutes les autres, de choquer, on verra avec étonnement dans nos rues ces affiches présentant l’adolescent fumeur en position de coït buccal, face à un symbole manifeste de l’industrie en puissance (virile, s’il en est), une pudique cigarette tenant lieu de phallus. Douloureux constat. La violence a toujours été un langage clair et intelligible, mais à force de poumons noircis sur les paquets de cigarettes, de pantins désarticulés sur les spots de sécurité routière, je craint qu’une réponse du même genre finisse par se profiler à l’horizon. Et quoi ? On n’enfume plus VOS cafés, VOS salles de classe, VOS hôpitaux, VOS raffineries pétrolières et dépôts d’explosifs. Restons clairs, je n’attaque pas une politique de santé qui vise à réduire une consommation de tabac en hausse mais un avilissement manifestement abject du langage. Nous y sommes, il n’y a plus qu’avec le cul qu’on peut se faire comprendre. Et c’est juste navrant.

Sinon, côté bonnes nouvelles : le 18 février, le ministère de la Santé annonce (enfin !) la création d’un observatoire de la fin de vie en France. Suivi, fort à propos, par France 2 qui, hier soir, nous propose un « Complément d’enquête » sur la fin du monde. Mais tout n’est pas perdu ! Le Sénat défend le secret médical pour les pervers d’obédience sexuelle (les juifs/lombards/chrétiens/communistes de notre époque illustre ?) contre les pulsions inquisitrices de l’Assemblée, le transsexualisme n’est plus une maladie et on a bientôt un Viagra féminin sur le marché (Sildénafil ou Flibansérine pour les intéressées).

Votre prédicateur du crépuscule des âges, le contre-docteur Helmut.

Poste 1 – Invité H,
The end.

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