Hier, je vous parlais de vin blanc et ça tombe bien… En effet, il est pour moi un endroit au monde où boire du vin blanc est une chose naturelle, pour le moins magique. Eh oui… On cherche tous un endroit où l’on se sent chez soi, un lieu où l’ambiance s’accorde parfaitement à nos pensées et, ce, dans des coins parfois improbables. Le mien, je l’ai trouvé quand j’avais quinze ans et c’est une boîte de jazz. Rien que ça. Je me fais souvent cette réflexion vis à vis de la blogosphère en réalisant que pour avoir un blog « vedette » il faut être parisien. Force est de constater que, malgré moi, je suis parisienne, dans mon cœur, et que mon « chez moi » à moi c’est cette putain de boîte de Jazz : Le Duc des Lombards.

Le Duc, c’est ma maison, c’est l’endroit où j’aborde le plus fièrement mon costard et toute ma fierté. Le Duc, c’est un club de Jazz à Châtelet, dans le premier arrondissement, pas très loin du Guiness Café Concert. Le Duc, c’est un club où les concerts de gens talentueux se déroulent toute la semaine et où le week end est là pour satisfaire toutes les poussées les plus délicieuses chez les amateurs de Jazz. Le Duc, c’est aussi des concerts amateurs gratuits pendant les vacances d’été. Le Duc, c’est ma maison, comme je vous le disais en début de paragraphe.

Le club a été fondé en 1984 et n’a jamais désempli depuis. Il a accueilli des Grands, des vrais, comme Miles Davis, Keziah Jones, Ray Charles, et j’en passe. Rénové en 2008, la pièce principale, salle de concert, restaurant et bar, est d’une clarté absolue en journée, pleine d’une élégance infaillible… Mais la nuit… La nuit… L’ambiance s’y métamorphose : les lumières tamisées y jettent un charme pourpre qui y amène tout le confort qu’un amateur de Jazz peut rechercher. Les tables sont si près de la scène qu’on a l’impression que les musiciens sont de vieilles connaissances et, parfois, on se retrouve à l’étage. Le tout a un charme tout particulier, un vieux relent Mont-Martrien ou une douce odeur de Saint-Germain des Prés. Le Duc, c’est une boîte connue et reconnue et, pourtant, personne n’y va jamais. Trop hype, trop célèbre, trop « must be »… Ouais, « trop », mais trop bien, avant tout. Parfait. Une ambiance s’y étale en un doux et élégant dégradé de classe et de complicité, comme si tous les gens présents étaient à la fois incroyablement différents et étrangement amis. Convivialité, silence, plaisir, le Duc… Le Duc.

Ça fait beaucoup de fois le mot « Duc », tout ça, j’en ai bien conscience, mais il est des notions qui sont ontologiques et j’ai juste envie de vous dire de prendre vos putains de pieds pour vous traîner dans un putain de train, sortir à Gare de Lyon ou n’importe quelle autre gare, sauter dans le métro 4, 5, 1 ou autre et vous dirigez comme un seul homme dans ce club. Il y a quelque chose, là bas, comme un secret indicible et pourtant si délicieux. C’est fou, c’est magique, et je n’ai presque rien à en dire sinon que nul plaisir n’est plus grand que de s’y présenter, clope au bec, un samedi soir et d’y entrer en costard, de se fondre dans cette ambiance à la fois moderne et ancienne, qui vous offre, quelques heures durant, l’impression d’une Amérique des années 30 du second millénaire. Tout y est contraste et paradoxe. Un décor moderne et pourtant emprunt de cette classe que seuls des gens comme Audrey Hepburn ont pu nous inspirer. Des serveurs avec leur télécommande et pourtant ce vin qui semble revenir des temps anciens. Le plaisir d’être là, de retourner dans le passé tout en appréciant son présent comme jamais.

J’ai assisté là bas à de nombreux concerts, j’y ai bu nombre de verres de vins. Il y a eu des groupes amateurs, d’autres plus connus. Le dernier en date, c’était Sarah Lenka, en septembre. Ça me manque, quelque part, de ne plus pouvoir y aller dès que j’en ai envie. Ouais, ça me manque… Parce que cette boîte est unique.

Putain mais merde, qu’est-ce que vous foutez encore là?

Direction Châtelet, et que ça saute!

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