Je sais, ami lecteur, je sais : je suis en retard. J’étais sensée poster samedi, on est dimanche très tôt le matin, trop tôt, et sans doute (même) que mon cobloggueur a râlé. Soit. N’empêche que, pour mon excuse, cette heure tardive n’est jamais que la continuité d’un samedi qui n’a pas encore été achevé ET est dû, entre autre, au sujet de mon article. Eh ouais, je peux pas vous parler d’un concert si je n’y ai pas mis les pieds, si je ne m’y suis pas rendue sourde et que je ne m’y suis pas explosé les pieds et tout le reste. J’aurais pu vous parler d’ACDC, vu que je les ai déjà vus en concert, mais là, même si on reste dans la veine du rock, je vais tâcher de vous déblatérer des paroles un poil plus grenobloise (c’est que je suis encore grenobloise cette année et qu’ACDC va attendre un petit peu, voyez).

Tout a commencé cet après midi, alors que je me baladais aux alentours de Victor Hugo. Tout a commencé avec la rumeur d’un son cuivré. Je me suis approchée, j’ai entendu et, là, c’est la crampe : j’aime ce que j’entends. Ce que j’entends? La Fanfare Touzdec, un groupe de rock/hip-hop/jazz – comme ils le disent si bien – composé de 8 mecs qui gèrent leur musique et commencent à faire un nom de par chez moi. A la fin de ce petit concert sauvage, alors que j’offre généreusement la modique somme d’un euro pour le spectacle, le mec au cor lâche THE information : ce soir, concert au Loco Mosquito. Le programme de la soirée est tombé ainsi : j’en rentre juste.

Et pouaaaaaaaaah quoi. Vlan, dans ta gueule Cendar, prends toi du bon son dans les oreilles.

Il faut savoir que Grenoble a des groupes franchement impressionnants : Nos Zigues, Faut qu’ça guinche et, maintenant, Fanfare Touzdec, voilà qui fait plaisir à la roots qui dort sous mon costard.

Mais si ça s’arrêtait là, cet article n’aurait pas grand sens, vous vous en doutez bien. La Fanfare est passée en compagnie d’un collectif de rappeurs amateurs, reggaemen et autres assimilés aux rythmes pas toujours de mon goût. D’abord, chacun leur tour, normal, ça s’appelle le choc des cultures. Et puis… L’harmonie. L’harmonie, c’est quand le grand boss de la soirée propose un bœuf « à l’ancienne » et qu’un putain de groupes de musicos de cuivres se fout à l’instrumentale et qu’une putain de troupes de poètes en herbe se fout au chant. Les notes s’enchaînent, les rythmes se mélangent, la foule devient une énorme masse vivante et l’alchimie se fait doucement mais sûrement, on y croit, on s’y fait, on aime ça. Le public est en transe, la musique le suit : tout va bien.

Parce que j’ai beau pas forcément être une fan incontestable de rap, quand un mec me sort « j’me suis laissé aller au marivaudage, j’suis un mari volage », je me dis nécessairement « putain de bordel de merde, Chesterfield & Philip Morris! ». Parce qu’ils savent ce qu’ils disent. Le tout sur une caisse claire de barge, un cor juste énorme, une trompette entraînante, un saxo quasi chesterfieldien et une clarinette pour le moins taquine. Aye, aye, aye… Quelque part, je me dis que la musique, le mélange des genres, le rapprochement des cultures et leur relation profonde, c’est loin d’être une blague. Et ça fait plaisir.

Fallait que je partage ça avec vous, que je vous invite à me raconter vos concerts à vous, vos grands moments personnels. Et puis je promets de poster quelque chose demain, aussi, avec plus d’intérêt, sans doute, mais merde quoi. Saturday nights’fever is not fucking dead, man.

Enjoy.

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