Au vu du mal de crâne que je me tape aujourd’hui – vous en devinerez l’origine – je ne me sens pas du tout en condition pour vous pondre un article un minimum culturel. Me traînant lamentablement sur facebook tel une âme en peine, en quête d’inspiration, je suis finalement tombé sur être de grande taille s’apparentant à un Troll qui m’a proposé un bon sujet qui se résume en trois lettres : W.o.W. (World of Warcraft pour les néophytes).

Vous en avez tous entendu parlé, vous avez sûrement tous vomi dessus au cours d’une soirée ou d’une discussion, mais moi, j’ai le truc que vous n’avez peut-être pas : j’ai joué à WoW. Oui, dans ma prime jeunesse, je fus ce qu’on appelle… un geek. J’ai même failli tourner plus mal encore si c’est possible, car j’ai été tenté par la culture No-Life. Bien entendu, cela reste entre nous.

Mais c’est quoi WoW au juste? Certains répondront : la tentation (et je suis de ceux là). D’autres diront peut être qu’il s’agit d’une drogue, d’une addiction, d’une perte de temps abominablement inutile, et enfin, d’autres diront que c’est le meilleur jeu auquel ils ont jamais joué. Hé bien vous aurez tous raison. Je veux pas renier mes origines. C’est un excellent jeu. Pourquoi? Parce que c’est un univers, un monde, une faune et une flore, des moments épiques, une communauté. Vous pouvez réaliser vos ambitions sadiques, forniquer massacrer des pauvres « PNJ » – haha je suis sûr que certains sont largués – qui vous regarderont tels des merlans fris agonisant sur le marché de Marseille, vous pouvez aussi vous acharner sur un joueur trop « weak » et qui ne pourra rien faire d’autre que de ressusciter pour se faire à nouveau exécuter. Bref. Difficile de pas kiffer ces moments, quand vous n’en êtes pas la victime. Et puis il ne faudrait pas omettre de citer – avec nostalgie – une de ces fameuses répliques qui ponctuent les discussions virtuelles :

  • « OMFG tu me prends la teuté spece de n00b.
  • No rage péon.
  • Stfu!
  • Allez tricar, le mec pas skillé!!! »

Mais avant tout WoW est une immense et irrémédiable perte de temps. Au delà même du fait de passer du temps sur un univers virtuel, c’est surtout le fait que la majeure partie du jeu se résume à tuer des tigres pour récupérer leurs dents, ou abattre des ours pour faire une potion avec leurs couilles… Nan en fait je caricature. WoW possède une diversité époustouflante : soit vous tuez des monstres ou des humanoïdes pour les tuer – et ce parcequ’on vous a dit de le faire en échange d’un superbe bouclier de la baleine de la loutre cendrée épique – soit vous tuez des bestioles et machins pour récupérer des trucs et des choses sur eux. Et euh, quand vous êtes vraiment arrivés loin dans le jeu, bah vous tuez des monstres plus gros. Que demander d’autre? On ne s’ennuie jamais. C’est beau. C’est profond! Ou pas.

En réalité, World of Warcraft est le Mal. C’est une saloperie. Tout est fait dans ce jeu pour que vous deveniez plus puissant, d’abord par rapport à l’univers qui vous entoure, puis par rapport aux autres. Et le seul moyen de parvenir à ce futile objectif, c’est de jouer plus que les autres. Et on se retrouve ainsi avec des mecs tellement accro qu’ils se jettent du haut d’une tour en pensant qu’en ayant une plume et en lançant leur sort de mage, ils pourront voler… Ok, j’abuse, des déséquilibrés on en trouve partout. N’empêche que ce jeu orchestre une insatisfaction permanente, frustration découlant des nombreuses humiliations et échecs que vous aura fait subir cet univers – qui rappelez vous est virtuel – et qui vous pousse à jouer toujours plus. Et le plus pernicieux dans ce jeu, c’est qu’il vous fait oublier à quel point il est creux, répétitif et superficiel. En fait, WoW ne fait que réaliser le fantasme de domination de toute une partie de notre génération. Parcequ’au fond, on ne rêve de puissance que lorsqu’on est impuissant. Et peu à peu le virtuel rogne le réel, investit votre vie, développe en vous des pathologies pour finalement vous mener à une mort atroce et douloureuse.

Publicités