Je pensais vous parler de Sherlock Holmes en ce moment en salles, mais ça se résumerait à dire que c’est un bon film hollywoodien, assez frais pour qu’on s’y laisse prendre, assez déjanté pour s’extraire de la caricature, et que Guy Ritchie, à défaut de renouveler l’exploit de Snatch, nous offre un moment agréable – sans oublier Downey Jr et Jude Law qui ont tout de même une sacré classe.

Bref, en ce moment je suis un peu en panne, aucune inspiration, juste envie de crever ton chat. Oui, je suis dans un état d’esprit malsain et retord : je suis en mode chieur. Et comme ma mauvaise humeur s’adresse à tout le monde, et que ma coblogueuse a un blocage – en passe d’être débloqué – avec le Hip Hop, je vais donc vous parler de Hip Hop. Et pas n’importe lequel : le Hip Hop US. Mais rassurez vous, aucune mention ne sera faite de – big size – 50 centimes et son pote Akon – aka the Duck. Nan, je vais plutôt vous parler de groupes que j’aime beaucoup, et qui sont peu connus du fait de l’avalanche de merde déversée par les grands pontes du Disque sur la plèbe larmoyant à l’écoute de Rihanna.

Parce que le Premier Jour il y eut la musique, le Second Jour il y eut De La Soul. Parler de Hip Hop sans parler de De La Soul, c’est comme parler de Cascada sans avoir la nausée (j’allais dire Rihanna, mais au fond je l’aime bien). On ne peut donc pas ignorer De La Soul, car ce sont les premiers à avoir instrumentalisé leur musique au point de faire passer le flow en second plan. En opposition totale à la vague de violence et de textes haineux dans le rap des années 80, ils inventent leur univers coloré et frais, prenant passivement position en portant shorts et chemises de plage. Leur chef d’oeuvre restera certainement l’album De La Soul is Dead, enchaînant les titres funky et détonnant : Talkin ’bout hey love, A roller skatting jam named « saturdays », Bitties in the BK loung, Pass the plugs, Ring ring ring, Keepin’ the faith. S’ils n’ont heureusement pas disparu de la scène musicale (impossible d’ignorer leur collaboration avec Gorillaz notamment sur le titre Feel Good Inc.), le dernier album en date remonte à 2004.

Dans la veine de De La Soul, mais en plus moderne et au final peut-être plus talentueux encore si c’est possible : Jurassic 5. Autant le dire, c’est LE groupe de hip hop. Regroupant 4 Mcs et 2 DJ, réunion de deux groupes, leur richesse musicale est tout simplement éblouissante. Ils sortent un premier LP en 98 où l’on peut trouver un petit bijou : Concrete Schoolyard. Les albums se succèdent ensuite : après le – somme toute assez faible – Quality Control, c’est la consécration avec Power in Numbers. Les tubes détonnant se succèdent : Freedom, What’s Golden, If You Only Knew… Maîtres des relais vocaux, ils possèdent aussi une qualité et une richesse musicale impressionnante, créant une atmosphère tantôt ensoleillée, tantôt plus sombre, toujours dynamique et originale. Après une première séparation suite à Power in Numbers pour « raisons de divergences musicales », ils reviennent sur scène pour un dernier album très réussi, plus dans la lignée West Coast/cool spirit : Feedback.

Dans un autre registre, je voulais évoquer le hip hop « authentique ». Le hip hop plus proche des racines, moins funky et plus agressif mais sans être dénué de charme. D’une part, l’un des artistes majeurs est sans conteste Gang Starr. Classés dans la catégorie jazz-rap, ils font partie des pionniers du rap East Coast des années 90 avec leur leader emblématique : le rappeur Guru. On alterne ici entre rythmes puissant et agressif ( à l’image de Who got gunz) et hip hop plus calme et aéré avec les morceaux Betrayal et Code of the Streets. Leur titre majeur, un véritable bijou de scratching et de rap, est sans conteste Full Clip avec son célèbre « Big L, rest in peace ».

Ce qui me permet d’introduire ce grand artiste qu’est Big L, dont la vie aura été malheureusement trop courte. Artiste méconnu mais pourtant tellement kiffant! Bon, j’aime pas toute son œuvre, qui passe malheureusement trop souvent de l’authentique au cru (voire au creux). Mais comment ne pas vibrer sur les rythmes underground respirant les rues de Harlem, avec Put it on, Flamboyant ou encore Fall Back?

Bref, avant de m’enflammer, j’enchaîne et conclut sur des groupes en tout genre liés par le fait qu’ils sont tout simplement très peu connus (pour chaque titre vous pouvez cliquer pour un lien youtube). D’une part, une découverte récente : Dilated People. Une grosse discographie, un bon son, qui mélange pas mal d’influences… Malheureusement, les derniers cd Neighboor Watch, The Platform et 20/20 grâce auxquels ils se sont fait connaître manquent cruellement d’originalité à mon goût. En revanche, leurs tout premiers, Anonymous EP et Expansion Team recèlent de véritables bijoux. Il est malheureusement difficile de les trouver sur le net en écoute légale… On passe du flow sensible sur instru de violons, mêlant colère et nostalgie avec brio dans We Were Kings, à une mélancolie délicate et frappante dans Manifest Destiny et Worst Comes to Worst, pour finir avec l’instru bien groovy de Pay Attention.

Dans un autre registre, le jazz-rap, un artiste véritablement talentueux à mes yeux serait Beat Assailant. Peu de chose à dire, sinon une véritable originalité dans le métissage des cuivres avec un vocal rythmé et bien posé. Tout n’est pas bon, et leurs second album, Imperial Pressure, n’est pas à la hauteur de Hard Twelve, mais je vous garantit que leur présence sur scène corrigerait tous les défauts du monde.

Bon, il faut conclure, j’aurais aimé allonger encore cette liste mais il faut bien faire concis… Donc pour terminer, juste prenez une petite référence en passant parce que ça m’étonnerait sincèrement que vous connaissiez ce groupe (il a même pas droit à une page sur Wikipédia) : Foreign Beggars. Je connais uniquement eux albums d’eux, taillés dans la même veine : Stray Point Agenda et Asylum Speakers. On oscille ici entre morceaux endiablés aux instrus puissantes et flow qui n’a rien à envier à bien des groupes en vue (écoutez Reelfire et Slo-Speed), et des morceaux plus teintés de soul mélancolique (Flowin’, Where Did Go the Sun, On a Winters Day et Reach Out). Bref, un groupe qui j’espère percera.

Si vous connaissez pas grand chose en hip hop, vous devez certainement être perdu avec toutes ces références. Mais rassurez-vous! Parce que je suis un homme attentionné je vous ai concocté une petite playlist des artistes évoqués dans la limite des disponibilités sur les listes d’écoute.

http://www.jiwa.fr/playlist/Blog-541100.html.

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