Cette journée a été une journée de merde, disons-le, comme ça c’est évacué. Par ailleurs, il est à noter que cette mauvaise humeur et cet agacement qui me possèdent sont en partie dus à notre prof de droit administratif et d’histoire des relations diplomatiques internationales. Je ne reviendrais pas sur sa compétence, bien que discutable, du fait que cela me forcerait à évoquer avec vous bien des points juridiques dont vous n’avez rien à foutre et, à dire vrai, ça m’arrange. Seulement voilà, il y a un autre truc absolument insupportable chez cette prof, en plus de son incompétence et ses difficultés évidentes d’élocution, et c’est son comportement physique. Madame ne cesse de gesticuler ses mains, faire vriller ses poignets et autre mise en scène désespérée pour tenter de se donner contenance. Et surtout : elle ne regarde pas ses élèves. C’est là que je voulais mener ma réflexion en cet article ici pour ne rien dire parce que je ne sais pas de quoi vous parler.

Figurez-vous que cette prof ne regarde pas ses élèves, préférant regarder le plafond ou bien… le vague. Peu m’importent ses justifications quant à cette attitude, elle se contente de me renvoyer à la philosophie même du regard comme miroir de l’âme ou de l’existence par le regard d’autrui. En agissant ainsi, on a peine à croire que nous existons et, au final, je réalise que l’attitude physique d’autrui a beaucoup à voir avec la considération que l’on a de lui. C’est comme si, en agissant ainsi, elle réveillait en moi (et en mes camarades, by the way) une sorte d’instinct primaire qui revient à nous donner l’impression qu’elle n’a rien à nous dire. C’est plutôt perturbant quand on sait que cette nana est la prof que nous avons le plus en cours.

Au demeurant, j’ai juste envie de lui gerber à la gueule. Putain mais merde, par le regard, déjà, on obtient le respect d’autrui : d’une part, en signifiant son attention (et pour un prof, sa surveillance, n’est-ce pas?) et, d’autre part, en reconnaissant l’existence d’autrui et en lui faisant comprendre qu’on s’adresse à lui. Parle à mon cul, ma tête est malade, vieille expression remontant à nos jeunes années de secondaire, semble parfaitement applicable ici. Connasse.

Eh ouais, force est de constater qu’on aime bien que les gens nous regardent, cf théorie des apparences. Et puis, qui n’a jamais craqué sur les yeux d’un être du sexe opposé? Qui n’a jamais pensé « c’est bon, on ne me regarde pas, je suis tranquille »? Comment peut-on nier l’importance d’un simple jeu de regard dans les relations sociales de nos jours? Parce que tout est jeu, apparence, recherche de la reconnaissance et partage. C’est pas pour rien qu’on a des cas désespérés qui se réfugient derrière leur pc mais pas non plus pour rien qu’on a besoin d’autrui pour se construire. Comment se passer, ontologiquement, d’un miroir animique comme le regard d’un autre, pour pouvoir construire tant son identité que son quotidien?

Parce que, au final, si on ne nous regarde pas, est-ce qu’on existe? Ou, plutôt, qu’est-ce qui nous prouve qu’on existe?

Autrui, cet autre qui n’est pas moi, est un peu le référentiel concret d’une existence. Faut se faire une raison : il y a quelque chose de vachement plus profond qu’un contact visuel dans un regard parce qu’on transmet à l’autre qu’on l’a vu et, donc, qu’il est. Oui, je sais, je suis une putain d’ancienne littéraire qui adore la Philo, mais quand même! Que le regard soit méprisant, haineux, tendre, amical ou amoureux, même indifférent, le regard renvoie quelque chose directement à notre esprit. Sartre parlait de viser. L’être conscient vise. Paradoxe de la Mauvaise Foi, il paraitrait que la rencontre avec Autrui crée un malaise auprès de l’être qui existe puisqu’il lui donne l’impression d’insister. Pour plus de précisions, reportez-vous, si vous le souhaitez, à vos cours de philo de terminale, pour ma part je m’arrêterais là histoire de ne pas vous assommer.

Cependant, je conclurais simplement sur le fait que cette prof est de fait une connasse qui rejette en bloc un amphi rempli d’êtres humains et qu’elle n’arrivera sans doute jamais à donner un cours correct puisque c’est son comportement social lui-même qui est remis en cause.

Et merde.

Publicités