Voyez vous, ce qui est positif avec ce blog, c’est que je me sens obligé d’engloutir un maximum d’informations et de nouveaux matériaux pour pouvoir les partager avec vous. Mais je vous ai peut-être un peu trop habitué à ne parler que de ciné au détriment du reste, et notamment de la musique. J’étais tellement obnubilé par la sortie prochaine du dernier album de Gorillaz que j’en ai oublié les autres nouveautés. Alors histoire de corriger mon obsession, je vais vite fait vous parler de deux albums sortis en février.

D’une part, Heligoland, le dernier de Massive Attack que vous pouvez écouter légalement ici. Si vous croyiez que tout avait été fait avec Mezzanine, vous vous mépreniez. Après une première écoute un peu molle, j’ai d’abord trouvé cet album peu intéressant. Mais histoire de bien faire les choses, je l’ai réécouté d’une oreille plus attentive, et Ô surprise, l’album contient largement de quoi l’écarter de la liste des déceptions. Rythmes lents mais puissants, ambiance mi souterraine mi céleste, toujours irréelle, les deux titres Splitting the Atom et Pray for Rain suffisent amplement à perpétuer le mystère latent de l’œuvre de Massive Attack. On se trouve ici dans la directe lignée de Teadrop ou Risingson, tant dans le style que dans l’atmosphère. Un autre titre, Babel, est agréable mais malheureusement dénué de toute originalité malgré une percu enflammée et une voix cristalline qui vous ferait volontiers verser une larme si vous en aviez le cœur. Enfin, le dernier titre qui vaut le détour est Saturday Comes Slow, réalisé en collaboration avec Damon Albarn (aussi connu sous l’appellation « Dieu »). Bon, en toute honnêteté, rien de transcendant ici non plus, une bonne ligne sonore de fond bien rodée, une instru discrète qui laisse le champ libre à la timide et fragile voix de Damon.

Bref, Si Mezzanine restera un des joyaux du mouvement Trip-Hop, passer à côté de Heligoland serait une erreur.

D’autre part, Keyboard City, de Salvadore Santana. Oui alors ne le confondez pas avec son illustre père, car il s’agit bien ici du fils de Carlos Santana. Ne me demandez même pas de décrire à quel genre de musique on est confronté ici : mélange de bossa, latin music, rythmes hip hop, ligne de basse funky, vocaux marginalisés, instru très jazzy… Peut-être un musicien pourrait il mettre un nom là dessus, mais ce n’est pas mon cas. Bref, globalement, l’album bénéficie d’une grande originalité, de la puissance naturelle des latinos associée au funk et hip hop, et d’une instru vraiment travaillée. Mais malheureusement, l’album souffre aussi d’un manque de maturité – bien naturel me direz vous – qui donne l’impression d’une certaine maladresse, voire carrément d’un manque difficilement identifiable mais gênant dans certains morceaux. Pour faire un rapide tour d’horizon, l’album débute avec We Got Somethin‘, frôlant le jazz rap, porté par une ligne de basse bourrine : je suis d’emblée charmé. Le second titre, Don’t Even Care, se rapproche plus du style bossa latina de son père, frais et vivifiant. La plupart des autres morceaux m’ont pas spécialement marqué, mis à part Don’t Do It, dans la même veine que We Got Somethin’ en plus Hip Hop (très réussi), et pour finir, This Day (Belongs to you), plus tranquille touchant plus à la pop soul qu’au jazz ou au hip hop largement exploité auparavant.

Bref, une superbe mixité musicale qui charme par sa fraîcheur et sa complexité musicale malgré le manque évident d’expérience. Un bel avenir plus sûr.

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