C’est mon tour, aujourd’hui, et je tiens à préciser que je commence mon article sans savoir de quoi je vais vous parler. Ça a un petit côté agaçant, malgré tout. A la base, je m’étais dit que j’allais vous parler de Gainsbourg mais je n’ai rien d’autre à dire que « n’y allez pas, même si l’acteur principal déchire, le film est pourri ». Après, connaissant la nature humaine, vous voudrez tous vous faire votre avis. J’ai fait ça, moi aussi, et j’ai dépensé 8€50 de façon profondément improductive et non rentable (prix Annecy, c’est pas ma faute).

Au final, je crois que je vais vous parler d’une constatation faite aujourd’hui, au grand désespoir de ma colocataire. Les changements capillaires. Oui oui oui. A la base, c’est un truc de filles mais le phénomène est devenu mixte maintenant. Ce qu’il y a à dire c’est que, de fait, on ne peut pas changer de tête, de visage (à moins de passer par la chirurgie, évidemment). Donc le phénomène capitaliste & moderne a apporté la technologie du « do it yourself » et, en dehors du passage chez le coiffeur, Monsieur & Madame Tout-le-monde peuvent maintenant changer de couleur de cheveux chez eux. Concrètement, cela signifie qu’en dépensant en moyenne 8€, une brune peut devenir rousse, blonde et inversement proportionnel et quantifié (oui, je sais, cette tournure n’est pas française). Dès qu’on en ressent le besoin, on peut donc changer. Le changement, en voilà un terme pour le moins intéressant.

Qu’est ce qui nous amène tant à changer? Pour les cheveux, on note régulièrement un lien de causalité entre une rupture douloureuse et un passage chez le coiffeur. Les étudiants ont également amené le principe du « je me suis négligé pendant les partiels, je me paye une nouvelle tête pour tenter de retrouver un air humain ». Pour le reste, on appelle ça le temps. On couvre les cheveux blancs, on essaye d’avoir une tête plus moderne, plus en rapport avec son époque ou la mode.

D’autant plus que les blonds, les vrais, sont en voie de disparition et que les roux ne sont que le résultat d’une maladie génétique (eh oui, les roux sont une erreur de la nature). On peut aller jusqu’à se demander si le principe de la coloration capillaire ne serait pas une façon comme une autre d’empêcher l’hégémonie des bruns sur le monde. Eh oui. Hitler était brun, Staline aussi, Castro, pareil, et Mussolini : la même! Rajoutons que c’est pareil pour Sarkozy, Obama et même Ségolène Royal… Au delà du délire du complot intergalactique contre la puissance brune, il y a aussi l’hypothèse de l’identité façonnée. Je me rends compte que cet article devient plus sérieux que prévu mais après tout pourquoi pas.

L’identité façonnée, c’est le principe du « je change, je suis » ou comment se prouver qu’on existe en tentant d’affirmer à l’extérieur ce que l’on estime être à l’intérieur. Autrement dit, en se basant sur la divine théorie des apparences qui réagit le monde moderne, on essaye de s’affirmer en étant différent ou, du moins, fidèle à ce que l’on souhaiterait être. Eh oui, de nos jours, lire du Baudelaire ou du Shakespeare n’est jamais qu’un luxe intellectuel, il faut s’habiller et se coiffer de la bonne manière pour s’adapter. On cultive d’abord son physique. Youpi. Comme c’est écœurant. Au demeurant, pourtant, prouver qu’on est capable de changement a un côté évolutionniste pour le moins plaisant mais changer de couleur de cheveux ou de mode vestimentaire ne fait pas tout. C’est du papier glacé autour d’un tas de merde écervelée, une fois sur deux.

Au final, j’expédie un peu l’article pour laisser un débat ouvert (et puis je suis une fille donc je ne peux pas non plus faire de la critique assassine). Ce qu’il y a à retenir, c’est que changer, c’est bien, se construire c’est mieux. Se faire plaisir, c’est cool, mais n’oubliez pas que 8€, ça peut AUSSI être le prix d’un bon livre et que même si on est bêtement brun, les rencontres seront plus intéressantes pour vous si vous êtes cultivés plutôt que si vous avez les cheveux d’une couleur originale (et notons qu’en plus, vous éviterez le risque du résultat loupé. Public, je t’aime).

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