Je viens de réaliser qu’aucun article n’avait été posté hier! Il va falloir que je règle ça tout de suite pour ne pas vous perdre, chers amis lecteurs. Le problème, c’est que pour écrire un article, faut-il encore avoir un sujet d’article… Si je vous jure! Bref, j’ai donc naturellement cherché quelque chose de frais, réjouissant et candide pour terminer ce week-end trop court sur une note positive. Je vais donc vous parler de l’Apocalypse. Haha, c’est pas une blague en plus. Non, ne croyez pas que je me prends déjà pour un prophète, je vais vous faire part de ma réflexion sur comment Hollywood traite le thème de la fin du monde.

Vous aurez certainement remarqué que l’année 2009 est parasitée par une avalanche de films renvoyant directement ou indirectement au Doomsday : 2012, Le jour où la Terre s’arrêtera, Le jours d’après (un peu plus vieux), La Route, Le Livre d’Eli (en ce moment en salle) ou encore Légions qui sortira prochainement (s’annonçant déjà comme une bonne bouse commerciale). Et ce pour n’en citer que quelques uns, ou du moins ceux que j’ai eu l’occasion de voir. Bref, comme tout phénomène hollywoodien correspond à un phénomène de masse, il y a toujours un lien entre le thème traité et l’inconscient collectif. Et globalement, il me semble que ces films déclinent l’apocalypse en deux facettes : la destruction et l’errance.

La Destruction : quand je parle de destruction, je parle de l’apocalypse elle-même, dans ses effets directs. Dans la mythologie américaine, il n’existe que la fin DU monde. Il n’y a aucune place pour la fin « d’un » monde. Je m’explique : la vision américaine est purement biblique. Vous voyez, le feu sur terre, le jugement dernier… Il semble évident que cette multiplication des œuvres apocalyptiques retranscrit directement un malaise général provoqué par l’évolution de notre société, mais la culture américaine voit comme unique chute à une société décadente cette approche absolue et spectaculaire de l’apocalypse.

Ainsi, sous un déluge d’effets spéciaux (nécessaires à la survie d’Holywood, bien entendu), on pourra assister à l’extermination massive (2012) voire la menace d’une extermination totale de l’humanité (Le jour où la Terre s’arrêtera). Ce que je trouve le plus hilarant en réalité, c’est le facteur déclencheur du massacre. Et là je parle surtout des deux films pré-cités, qui sont de loin les plus caricaturaux. Loin de rendre l’humanité responsable de son propre anéantissement, on essaiera dans 2012 de trouver une origine cosmico-solaire, et dans Le jour où la Terre s’arrêtera, tenez vous bien si vous ne l’avez pas vu, ce sont carrément des extraterrestres humanoïdes (sinon c’est pas drôle) qui viennent nous exterminer après avoir créé une Arche (de Noé), pour nous punir des mauvais traitement que nous infligeons à notre planète.

Fallait quand même y penser.

L’Errance : ici je pense surtout à La Route (dont vous pouvez lire ma critique complète ici) et au Livre d’Eli, sorti mercredi. Le premier parle donc d’un père et son fils errant et survivant dans un monde post-apocalyptique où aucune vie n’est possible à long terme. Le second met en scène Denzel Washington dans le rôle d’un homme traversant un monde dévasté plus de 30 ans auparavant par des guerres atomiques, porteur de la dernière bible existante et donc de la parole divine… Accessoirement, notre prophète du futur est un maître en arts martiaux doué d’une mémoire dépassant l’entendement, avec un cœur et un cerveau (et des muscles). Bref, il vaut mieux s’attacher à l’univers visuel de ce film plus qu’à son contenu. Mais revenons en à nos moutons.

L’errance sera sûrement la facette du drame la plus intéressante à suivre, car elle nous confronte à l’hypothèse d’un monde ayant perdu sa cohérence : morale oubliée, instincts de prédateurs, plus de villes ou de sociétés organisées, ni sécurité, ni confort. Elle nous renvoie à la déshumanisation en son paroxysme : comment croire en l’humanité, ou conserver une morale droite lorsqu’un de vos congénère peut à tout moment se jeter sur vous pour vous dévorer. Si Le Livre d’Eli nous plonge dans un univers assez caricatural, un pseudo féodalisme futuriste composé de mercenaires, cannibales, victimes innocentes et seigneurs de la guerre, c’est réellement La Route qui met le mieux en exergue l’horreur de l’errance : aucune forme de société organisée n’aura survécu à l’apocalypse, pas même un embryon, la fuite des sentiments humains laisse place aux ravages des instincts animaux, et la morale vacillante n’a désormais plus de bouée.

Bref, l’errance dans un monde dévasté prend à contrepied tous les aspects de notre société matérialiste contemporaine, et permet une réelle réflexion sur les choses qui sont réellement précieuses, tant sur le plan physique que moral.

Au passage, si vous avez l’esprit cynique, je vous conseille de voir Le livre d’Eli. La fin est à mourir de rire (mais pas autant que les affiches ci dessous) : pendant/après les grandes guerres, les hommes ont génocidé la Bible car elle serait apparemment à l’origine de ces mêmes guerres, mais grâce à ce bon vieux Denzel et sa Holy Bible pour aveugles, le Christianisme survit malgré tout et renaît de ses cendres pour souder à nouveau l’humanité (je savais pas que Dieu avait un jour soudé l’humanité soit dit en passant). Pas facile de débarrasser l’humanité de la religion…

Bref, après avoir vu ces films (et disons que dans la conclusion je sépare La Route des autres), il semblerait que notre civilisation soit vouée à l’anéantissement par le feu, qu’à priori ce sera pas – trop – la faute des hommes, que des hordes de cannibales vont manger le peu de bonnes gens qu’il restera, mais que, Glod bess us, l’espoir nous guidera dans la lumière divine pour le renouveau de l’humanité (ca ressemble pas un peu au Jugement dernier ça?). Enjoy, vous serez sûrement parmi les survivants.

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