Today is Friday. Un peu dur d’écrire aujourd’hui. Vous savez, cette sensation de toucher à la fin de la semaine, vous réservez le peu de force cérébrale qu’il vous reste en espérant en avoir assez pour ne pas faire sauter les derniers cours de la journée. La semaine aura été dure, mais heureusement, je connais un remontant efficace. Devinez quoi ? Le Cinéma évidemment! Et cette semaine aura été chargée. Mais mon attention a été attirée par deux films : In The Air, Comédie avec George Clooney nominée aux Golden Globes – je crois pas qu’elle ait été primée, mais en même temps Avatar, prix du meilleur film j’ai envie de dire…. – , et A Serious Man, comédie absurde des Frères Coen (notez je met un F majuscule).

En ce qui concerne le premier, j’ai surtout eu envie de le voir pour George, qui est – tenez vous bien – une de mes égéries masculine. Précisons quand même que le réalisateur Jason Reitman est l’auteur de Thank You For Smoking (oublions Jennifer’s Body voulez vous?). Bref, le film m’attiraist bien, beaucoup après avoir vu la bande annonce. C’est l’histoire d’un homme dont le métier est de virer les employés des patrons trop lâches pour le faire – vous voyez, le genre de mec cynique mais pas sadique, qui en a simplement rien à foutre des gens – et qui cherche accessoirement à battre le record de miles parcourus en avion. Jusque là, le scénario est plutôt original, mais son traitement n’échappera malheureusement pas aux standards hollywoodiens (attention, Spoil) : la prise de conscience du manque de sens de sa vie grâce à une femme – Vera Farmiga est superbe – qui est en quelque sorte son alter ego féminin. Bref, ce ne serait qu’une comédie de plus si on ne pouvait compter sur le jeu parfaitement juste de Mister Clooney (oui George, t’es un connard dans ce film mais j’aime ça), un humour bien rôdé, et la beauté du couple George-Vera. Perso, la fin m’a vraiment pris de court (pas de happy end!) ce qui est, vous me l’accorderez, assez surprenant pour une comédie hollywoodienne. Donc un film sympathique à voir en couple ou en famille, quelques bonnes barres, on en ressort avec le sourire, mais ça va pas chercher très loin non plus. Un tel personnage dans les mains des frères Coen serait devenu un véritable psycopathe, et par la même un petit bijou (surtout après la performance de Clooney dans O’Brother). Enfin tout le monde ne peut pas avoir leur génie. D’ailleurs, parlons en de leur génie.

Petite piqûre de rappel? Les Frères Coen – Ethan et Joel de leurs illustres prénoms – c’est Burn After Reading, No Country For Old Men, The Barber, O’Brother, Fargo, The Big Lebowski et Barton Fink. Hé ouai, rien que ça. Et on peut parler de génie – avec un petit « g » tout de même – parce qu’il y a au moins un film dans cette liste que vous surkiffez, ou que vous allez surkiffer (oui, je conjugue le kiff). Ils on probablement la cinématographie la plus impressionnante de ces 20 dernières années. Alors je suis pas un fan inconditionnel, mais après avoir vu No Country For Old Men, je ne peux que reconnaître leur immense talent. Je me suis pausé la question de savoir comment je pourrais définir leur cinéma. C’est difficile à vrai dire, parce que plusieurs niveaux d’humour, d’absurde, de réflexion et de sincérité se mêlent, et qui rendent leur œuvre assez complexe à analyser. D’ailleurs je pense que l’on peut faire leur psychothérapie à partir de leurs films. Je n’aurais donc pas la prétention de déchiffrer le sens du pourquoi et du comment, mais globalement, leur œuvre se résume à mettre en scène des personnages loufoques (faibles, idiots ou fous), dans un environnement absurde, un festival du non sens.

Et en cela, A Serious Man colle parfaitement à cette description. Après No Country For Old Men, les deux derniers films semblent marquer un retour aux racines flagrant, et plutôt réussi (je sais, coblogueuse, tu as détesté Burn After Reading), mais je ne pense pas, contrairement à ce qu’avance cette critique, que l’on puisse parler de synthèse de leur cinéma dans ce seul film. Bref, revenons à notre mouton : le personnage principal, un juif qui se fait larguer par sa femme, ignoré par ses enfants, sur le point d’être viré – bref totalement paumé – cherche des réponses. Et pas n’importe quelles réponses. Des réponses spirituelles, puisque la raison elle-même reste sans voix. La question? Pourquoi les choses vont mal. Il se trouve ainsi perdu dans l’incompréhension, telle une bête traquée, entourée de gens abrutis, et qui ne semblent pas comprendre son tourment pourtant naturel. Une sorte de scénario à la Ionesco dans Rhinocéros. Et en cela, c’est réussi. Bon, je n’ai toujours rien compris aux premières minutes du film. Je me demande si les frangins cherchent à nous perturber ou s’il y a réellement quelque chose à comprendre.

Mais voilà, moi j’ai un problème avec l’absurde. Et encore plus quand il manque de rythme. Ce film m’a rappelé Barton Fink : en sortant, on sait qu’on a vu un très bon film, mais on a pas réellement aimé. Trop d’absurde tue l’absurde. Au final, on ne sait pas trop à quoi s’en tenir. Quel était le sens du film? Le but était il de lui donner aussi peu de sens que la vie de l’anti-héros? Si c’est le cas, c’est assez réussi. La seule alternative que je vois serait une critique de la religion, en tant que moyen de compréhension du monde. Ou alors une critique des faibles. Difficile à dire.

Pas déçu, mais pas satisfait.

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