Non, je ne suis pas atteinte de polydactylie pré-axiale. Non, je ne suis pas encore schizophrène. Non, je ne souffre pas d’un quelconque cancer et, de toutes façons, ce n’est PAS un lupus. Si quelqu’un a compris où je voulais en venir, qu’il lève la main! Nobody’s here? En fait, c’est chiant d’écrire sur un blog, il n’y a jamais personne pour vous répondre (ni pour vous interrompre, me direz vous, ce qui constitue en soi un avantage flagrant).

Qu’importe, je parle seule, mais je parle quand même et j’ai un article à écrire, mine de rien. Ambiance!

Teardrop de Masive Attack & un cœur qui bat en rythme de fond. Nos lecteurs les plus avisés – mes frères de glandage, visiblement – viennent enfin de saisir.

Ce matin, je bois mon café dans une super tasse.

Oui. Je vais vous parler de Docteur House (aka House M.D.).

En voilà une entrée en scène qu’elle est belle mais tout ne fait que commencer. Que vous dire? En premier lieu, je vous parle ici de l’une de mes séries préférées (plus tard, rien que pour toi public, je te parlerai de – wait for it… – How I Met Your Mother).

House M.D. est l’œuvre de David Shore et, de fait, sa seule œuvre connue. La série est créée en 2004, son épisode pilote est diffusé sur la Fox le 16 mars 2004 et il faudra attendre 2006 pour qu’enfin on daigne nous la présenter en France (sur TF6). Le drame, dans l’histoire, c’est que la France qui se lève tôt a dû attendre le 28 février 2007 et sa première diffusion sur TF1 pour enfin prétendre à ce petit bijou de genre. Bijou de genre, parfaitement, parce que l’une des caractéristiques premières de la série reste encore le mélange subtil de genres divers : médical, certes, mais aussi policier et drame. Comédie, également, mais tout dépend de votre humour et de votre potentiel cynique. Ah, cynique. Que j’aime ce mot.

Je m’explique (et je passe ainsi à un langage plus précis afin de mieux vous exposer mon point de vue). Pour ce faire, je m’en vais vous copier/coller le résumé d’un site quelconque puis je démonterais ce résumé pour que vous compreniez bien où j’aimerais vous emmener aujourd’hui.

 « Docteur House est une série où le criminel est la maladie et le héros un médecin irrévérencieux controversé qui ne se fie à personne et moins encore à ses patients. Le Docteur Gregory House est dépourvu de bonnes manières et ne communique pas avec ses patients. Jeune, il a eu une grave infection qui l’oblige depuis lors à utiliser une canne. Il fait preuve de beaucoup d’obstination envers les cas qui lui sont confiés, particulièrement si ses confrères ont échoué avant lui. Son comportement se situe à la frontière d’une attitude antisociale. Physicien, il a des pensées peu conventionnelles mais son instinct sans faille lui a permis d’acquérir beaucoup de respect… Spécialiste des maladies infectieuses et brillant diagnosticien, il aime résoudre des énigmes dans le but de sauver des vies. Il est secondé par une équipe de jeunes experts : un neurologiste, un immunologiste, sans oublier son bon ami le Dr. James Wilson un spécialiste en oncologie… »(source : dossier presse RTL)

Chester blesses internet, j’ai du travail. J’aime bien la première phrase du résumé qui n’est pas sans rappeler une petite remarque de genre que j’ai faite un peu plus haut. Pour le reste, approfondissons gaiement dans les joies les plus ironiques qui soient. Déjà, dire que Docteur House est dépourvu de bonnes manières, j’ai envie de vous dire que c’est faux mais basons nous sur l’idée principale : Gregory House est un bon médecin, un excellent médecin, à dire vrai. Dans de nombreux épisodes de cette série qui entame en ce moment sa sixième saison, on entend parler de lui comme du meilleur. Le meilleur. Diagnosticien connu et reconnu, Gregory House base ses diagnostics tant sur des connaissances précises que sur un sens de l’orientation aiguisé et une logique qui lui est propre, pour ne pas dire ontologique. Petite onomatopée impressionnée. Un genre de waow à peine murmuré pour faire classe. Mais en fait, le gros avantage de House c’est que, de fait, il n’aime pas les gens. Quelque part, House, c’est l’idéaliste déçu et aigri qui dort dans tous les cyniques, c’est le mec qui aimerait croire à l’Humanité mais qui a décidé que tout était noir pour ne plus être déçu ou, du moins, pas davantage. Les gens mentent, sont hypocrites, faibles, égoïstes. House ne s’illusionne pas sur la race humaine et encore moins sur lui même, à tel point qu’au détour de certains épisodes on peut le voir surpris, touché voire – c’est rare – ému. Je garde un souvenir presque larmoyant de l’épisode 17 de la saison 3 où ce médecin de génie se borne à appeler l’enfant d’une photographe un embryon et n’arrive pas à comprendre comme une femme peut être prête à perdre la vie pour un foetus. La scène dans le bloc opératoire est d’une humanité délicate, grandiose.

House c’est aussi et avant tout le médecin franc, rude voire cruel, connu pour sa répartie fracassante et ses phrases cultes. Petit medley! (j’ai la vague impression d’écrire l’article le plus long jamais posté par ma personne sur ce très cher blog)

Foreman: Je croyais que tout le monde mentait
House : C’est dans le mensonge que la vérité commence, méditez cela !
Foreman: Ca veut rien dire, non ?

Il n’y a pas de mort digne ! Notre corps nous lâche parfois quand on a 90 ans parfois avant même qu’on vienne au monde mais ça arrive fatalement. Il n’y a jamais de dignité là dedans. Peu importe qu’on puisse marcher, voir ou se torcher les fesses tout seul c’est toujours une horreur, toujours. On peut vivre dans la dignité mais pas mourir. [ House ]

À chaque seconde où nous refusons de nous aimer les uns les autres, un pauvre petit bébé chien verse une nouvelle larme [ House ]

Foreman: « Je trouve que votre argument est spécial.
-House: Et moi je trouve que votre cravate est laide ! »

L’avantage de la série, c’est que non seulement les personnages sont humains, mais – en plus – David Shore a fait en sorte que tout un groupe de personnes diversifiées entre en interaction avec House. On a un patient, différent à chaque épisode, pour une maladie, différente à chaque épisode. Il y aussi son équipe avec Cameron, jeune femme optimiste, Chase, rentier australien lèche-botte, et Foreman, l’autodidacte de banlieue qui a une grande gueule. On pourra citer aussi Cuddy, fantasme profond de House mais aussi son seul véritable adversaire en ce sens où la femme est également son boss. Et puis Wilson, son meilleur ami, ou ce qui s’en rapproche… Parce que House n’aime pas les gens et ne s’en cache pas.

Entre leçons de vie et leçons de cynisme, je regarde House tant par besoin de divertissement que de réaliste. Oui, il y a des épisodes où il n’arrive pas à sauver son patient, ça arrive. Oui, il n’est pas un surhomme. Et c’est un drogué! Voilà, je suis conquise!

Gregory House, avatar de la société désabusée? Aucune idée. Dans tous les cas, on ne peut qu’admirer Hugh Laurie pour sa performance affolante. Hugh Laurie, c’est l’un des méchants dans le film les 101 Dalmatiens. Acteur britannique (qui joue dans une série américaine? Paria!) au caractère déjà revêche, Hugh Laurie est un professionnel et David Shore n’hésite pas à avouer que House n’est pas son entière œuvre puisque son acteur principal a énormément fait tant pour House, cœur de tout cet article et de toute la réalisation, que pour la série. Pointilleux, perfectionniste et quelque part profondément similaire à son personnage, Hugh Laurie nous présente un House tout en fierté, en rejet et en humanité. Parce que, oui, c’est un monstre, mais un monstre réel.

Au final, Gregory House est un fumeur de Chester qui s’ignore.

&, sur ses entrefaits, une conclusion pas trop bâclée, un peu de circonstances, tout ça, en attendant d’avoir votre avis…

Soit Dieu n’existe pas,
soit sa cruauté dépasse l’entendement. [ House ]

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