Eh ouais. Comme à peu près tout ce qui ressemble de près ou de loin à un étudiant français en sciences sociales, économiques ou juridiques, j’ai passé ma soirée d’hier à regarder notre cher ami Nicolas derrière mon écran. Comme à peu près tous les autres, je suppose, j’ai écouté, regardé, observé, analysé, entendu, ri et critiqué. Au milieu des choses vraies, les choses fausses et, drapé de toutes ses plus belles et précieuses vérités, le mensonge démagogue se pavanait sous nos yeux. Au demeurant, le mensonge était sexy, bien préparé. Pour une fois, Sarko a parlé lentement, de façon très claire mais – malgré tout – en l’écoutant parler on pouvait voir se dessiner insidieusement le labyrinthe de sa réflexion qui amenait non pas à la réponse de la question qu’on venait de lui poser mais à un thème parallèle grâce auquel il pouvait prétendre nous impressionner. Oui, hier soir, Nicolas Sarkozy rencontrait 11 français en direct depuis la-chaîne-dont-il-ne-faut-pas-prononcer-le-nom-parce-que-ce-sont-des-parias-de-droite-et-capitalistes-de-surcroit… En bref : TF1. Et là, Ô joie, Ô surprise, Ô MIRACLE! La France qui se lève tôt était là, messieurs dames nos lecteurs! Juste sous NOS yeux! On a eu droit à l’ouvrier syndicaliste, à l’étudiante sur diplômée au chômage, à la française moyenne caissière à ***** qui ne reçoit pas de bourse pour ses enfants, à l’infirmière qui est perdue face à ses conditions de travail, à la jeune blondinette de 30 ans qui est auto-entrepreneuse… Excusez-moi, je vais vomir.

C’est pour ça que moi je veux pas parler politique. Déjà, parce que jamais personne n’est d’accord avec moi et que je suis lasse de devoir non pas défendre mais expliquer mon point de vue. Ensuite, parce que la politique c’est autant une histoire de démagogie que de presse et entre Laurence Ferrari et Jean-Pierre Pernaud hier, on a vraiment atteint le summum de l’absurde. Et ensuite parce que de toutes façons la France qui se lève tôt, comme on l’appelle, restera toujours d’une cécité et d’un égoïsme profonds. Rien que d’y penser… Beurk. En plus, je vote Sarkozy UMP et je vous emmerde. Eh ouais. Je suis étudiante et je vote à droite (han, blasphème, quelle horreur, qu’on la pende!!!). Je crois que c’est là que, par instinct de survie, je dois arrêter le débat.

Parler politique, c’est le mal. C’est pourquoi je vais vous parler de Facebook. Ou plus exactement des groupes Facebook. Parce qu’au fond, le concept Facebook, on adhère ou on n’adhère pas, ça restera sans doute toujours une immense bergerie de moutons moyens et de moutons anticonformistes avec quelques loups par endroit… N’empêche que Facebook m’a permis des fous rires que je n’oublierai jamais.

Tout d’abord, le phénomène Poney. En premier lieu, sachez qu’il découle de l’expression du « je peux pas, j’ai poney », qui vient de je ne sais où mais que je connaissais avant Facebook. Je suis une fan inconditionnelle du « je peux pas venir aux partiels, j’ai poney! », « je ne vais jamais à la piscine sans mon poney de bain » ou encore « Mon poney est plus grand que Sarko ». Les poneys sont internationaux, ils se rallient à tout, s’occupent de tout, ont leur mot à dire dans tout. En plus, ils sont mignons, n’ont rien à voir avec le reste de l’univers. Les poneys, quoi.

Là, je viens de tomber en admiration devant la fanpage « j’aime tellement mon lit que je couche avec ». Celui-ci est particulièrement explicite. Non?

Après, il y a les phénomènes anti-roux, anti-gros, anti-moche, anti-tout, tant que ça gueule et que ça revendique, TOUT VA BIEN. On a aussi les groupes pro-alcool, anti-modération, pro-excès, pour le colocalcoolisme. Ya les groupes de débauchés, les groupes de faux-candides, les groupes de réac.

Bah ouais, les groupes de réac, les mecs! Quand les filles ont été atteintes de ce virus bizarre qui les poussait à mettre la couleur de leur soutien-gorge dans leur statut… Moins de 24h plus tard, on a eu droit à « on s’en fout de la couleur, on veut une photo » ou alors la taille, la preuve, etc. Les mecs se sont unis en masse pour se rebeller contre ce phénomène pour le moins étrange et incompréhensible. Tony Musulin, le fameux convoyeur, a aussi éveillé les passions des facebookeurs, leur sympathie, aussi. « Tony Musulin, il a fui, il a tout compris ». Ce qui n’est pas sans rappeler le groupe-jeux-de-mot-ahah-quel-humour « Jeanne d’Arc, elle a fri, elle a tout compris ». Merci Rodolphe!

Après, il y a les groupes plus sérieux contre la pédophilie, tout ça, mais je parle pas politique. Ahah. Il y a aussi les groupes douteux, dont je ne parlerai pas, et puis les groupes un peu trash, un peu absurde comme « plaque moi contre mon GAJA et dis-moi des choses sales en latin ».

On a aussi les groupes d’adhésion de race « juriste », « CAP coiffure ». Ya les « Si toi aussi… », un jour je créerai un « si toi aussi quand tu vas aux toilettes, ton caca fait des bulles » et je verrai combien de débilitants adhèreront. On a aussi les groupes facebook « mon contenu est une chaîne mail »…

Bref. Il y en a une masse incroyable et il me faudrait plusieurs années pour vous faire une analyse précise et sensée du principe du groupe facebook… Pour ma part, le groupe facebook, c’est surtout une ou deux minutes de sourire amusé voire de rires et l’envie de partager un délire avec des amis sur la page d’accueil. Rien de plus, rien de moins. De toutes façons, l’engagement, ça me fait peur.

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