Puisque nous avons un blog, maintenant, il faut que j’écrive de façon régulière sur des sujets qui pourraient intéresser des gens autre que moi (ou tout du moins que je propose à des gens mon avis pour éventuellement établir un débat constructif). Il s’avère aujourd’hui que je suis de très mauvaise humeur et que l’exercice risque d’être libérateur. La question fondamentale, c’est quand même le thème de l’article. Au début, je pensais écrire un article sur le blues pour prouver à un connard pédant qu’il n’y a pas besoin de connaître le solfège et d’avoir fait 16ans de musique classique pour avoir un avis réfléchi ou tout du moins construit sur la question. Ensuite, je me suis dit que je pourrais vous exposer en plusieurs points pourquoi il y a des jours, comme aujourd’hui, où je gerbe tellement fort sur l’humanité que je suis étonnée qu’elle ne se noie pas. J’ai également envisagé de ne vous parler de rien et de me contenter de faire œuvre de mes états d’âme en voyant où cela me mènerait. La dernière options était aussi de vous faire une critique sur la Part de l’Autre d’Eric-Emmanuel Schmitt pour essayer d’obtenir l’avis du Reilly que je tane depuis cinq jours pour qu’il se motive à en faire de même.

Et puis finalement, non. J’ai pas envie… Et comme je suis encore en mesure de décider sur quoi j’écris et qu’on ne m’a pas demandé de traiter un thème en particulier, eh bien je vais vous faire chier avec ce que j’ai envie de vous raconter. En l’occurrence, quand je suis dans cet état là, mes pensées se portent en règle générale vers une personne en particulier et il me semble logique voire judicieux de vous en parler. Et comme il n’est pas vraiment d’usage de parler de ses potes, je vais vous parler d’un artiste.

Le Monsieur se fait surnommer Shida & j’ai hâte de voir ce que ça va donner dans quelques années.

Je ne lui ferai pas l’insulte de donner un avis d’amateur sur son travail que je sais précis et perfectionniste donc – solution de facilité, vous m’en excuserez – je vais me contenter de vous expliquer pourquoi j’aime ce qu’il fait.

Thème posé, donc : pourquoi est-ce que j’aime ce qu’il fait? Un mot : cynisme. Si je devais écrire – chose que les plus pointilleux me diront que je suis en train de faire (amis pointilleux, aujourd’hui, je vous emmerde) – sur Shida, je devrais donc parler de son cynisme.

Mais d’abord, c’est quoi le cynisme? Wikipédia nous éclairera brièvement sur ce point pour que nous soyons tous d’accord sur le sens que je donne à ce mot. « De nos jours, on parle de cynisme pour désigner une espèce d’humour noir mordant et ironique, souvent employé pour manifester une certaine rébellion face à un monde incompréhensible, à la différence du sarcasme, qui lui ne recherche qu’une démonstration de force [1]. Indifférence à la morale, aux convenances. ».

Donc, Shida c’est le mec qui, avec un certain humour, nous délivre sa vision du monde au travers de ses clichés, de ses créations et autres œuvres que je vous laisserai découvrir dans sa galerie.

L’ambiance est apocalyptique, sorte d’ôde à un monde décadent. La déchéance et l’ironie même de cette déchéance se retrouvent mises en abysse par une personne qui vendra un jour ses clichés. Faire de l’ironie sur la société de consommation avec un bien de consommation, c’est du vu et du revu, certes, mais, quand c’est bien fait, c’est toujours plaisant. Il y a dans l’ironie, dans le cynisme, la possibilité de rendre « beau » ce que tout le monde pourrait trouver « sale ». Soulever un point, un détail, mettre l’accent sur une incohérence ou sur quelque chose de surprenant, c’est un peu ce qui me semble être le fil directeur de sa réflexion.

Après, choquer pour choquer, rien de constructif. Choquer pour attirer l’attention sur le formatage de la société, consciemment ou non, c’est déjà plus intéressant. Son travail sur les portes, par exemple, a particulièrement attiré mon attention. Des portes, de toutes sortes, délabrées et tagguées, nous en voyons tous, tous les jours. A dire vrai, on en voit tellement que c’est à peine si on y porte attention (ahah, paye ton jeu de mot). Et pourtant. Pourtant, on se retrouve un jour avec l’opportunité de jeter un œil à une série de photos de portes, des portes que vous aurez peut-être vu un jour sans jamais vraiment les voir, et devant le délabrement de la chose : on se tait ou on kiffe mais dans tous les cas il attire notre attention. Et l’attention du consommateur, l’attention du citoyen, du lambda, du monsieur tout le monde et de madame personne, eh bien, c’est une denrée rare.

On passe sa vie à se débattre par besoin de reconnaissance, par ambition ou encore par seul plaisir. Quand je regarde le travail de Shida, je me demande avant tout si la reconnaissance ne commencerait pas simplement par le respect d’un travail fourni envers et contre tout ou par l’ironie d’une chose banale. Qu’importe l’avis du monde, si tant est qu’on arrive à obtenir son avis. Le combat de toute une vie pour certains.

Parce que, aux dernières nouvelles, être capable de capter l’ironie quotidienne, le cynisme du monde, c’est loin d’être donné à tout le monde.

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