Et voilà, je me rappelle pourquoi j’ai confié à Cendar le soin de rédiger l’intro du blog. N’attendez pas de moi un style aussi cynique, car oui, je suis aigri, mais au fond, je suis aussi idéaliste. D’ailleurs, c’est pour ca que j’aime pas les gens, ils sont si décevant. Un vrai humaniste me direz-vous. Toujours est-il que notre coexistence pacifique (et la je parle de moi et ma coblogueuse) survit malgré tout : je ne fume toujours pas de Chester, elle n’aime toujours pas Seven de David Fincher. En réalité (et je le dis en chuchotant), elle est ma partie complémentaire, la deuxième partie de moi-même. Et c’est sur cette dualité que nous allons construire ce blog.

Sur ce, je crois que la meilleur façon de démarrer serait de commencer par une petite critique cinématographique. Ça y est j’ai l’impression de me prendre au sérieux…

Vous l’aurez peut-être remarqué, mais ces deux derniers mois, et les deux prochains, constituent une véritable cascade d’œuvres cinématographiques de qualité. Et cette remarque est dépourvue de tout cynisme. Alors j’aimerais parler de tout ce qui m’a plu, mais non. Alors je vais vous parler d’un film vraiment original. Ce film, c’est La Route (tindinnnn). Vous savez, ce film de John Hilcoat avec Viggo Mortensen? Non? Vraiment? Ok je comprends, une semaine a l’affiche dans la plupart des cinés (enfin, ceux que je connais), une faible médiatisation, des critiques contradictoires, des spectateurs déprimés… Anyway, ce film fera son chemin j’en suis convaincu.

Remontons aux sources. Allociné, film avec Viggo (A History of Violence, Les Promesses de l’Ombre… Aragorn?), œuvre originale de l’auteur de No Country For Oldmen, apocalypse… Banco! Ce film est pour moi. Matage de la bande annonce. Attirance habituelle pour le thème, l’ambiance et les acteurs. Déception quant à la mise en scène holywoodienne… Mais faut bien accrocher le plus grand nombre (vous avez vu comment j’ai esquivé « la masse »?).

Bref, envie mitigée finalement, mais passage a vide niveau qualité dans les salles, alors je me force à aller le voir. Et là. Bim. La claque, le moral dans les chaussettes, l’envie de se rouler en boule et se laisser mourir de faim. Car oui, ce film on peut l’aimer ou pas, mais c’est une sacré claque.

Alors dans le fond, ca donne ca : plus d’espoir pour l’humanité. Enfin si, l’espoir il leur en reste un peu, mais soyons sérieux, les survivants sont condamnés. Ils se divisent en deux groupes : ceux qui ont perdu leur humanité, et qui cherchent à survivre, quitte à bouffer les autres (et alors là, faut voir les scènes…), et ceux qui (non, ce ne sont pas les gentils), ont encore quelques valeurs en contradiction avec leurs besoins fondamentaux, et qui agonisent lentement face à l’âpre déchainement des instincts. Ce film, c’est le cri d’agonie de la civilisation, la déshumanisation, le néant, le retour à la bestialité, l’abandon de la mère et l’amour du père, la fuite et la résistance. Tout s’articule autour du voyage d’un père et son fils, né après l’apocalypse, et leur rêve de trouver une contrée meilleure. Je dois dire que le rôle de l’enfant, si sa dimension symbolique reste très forte, est assez mal interprétée, ou tout du moins assez irritante à la longue. Le père est parti dans un délire protecteur, l’amour pour son fils étant son dernier lien avec son humanité (sa femme a préféré se suicider que de continuer à vivre dans ce monde).

Et puis dans la forme, plus de déchainement d’effets spéciaux, de scènes apocalyptiques bibliques, le film est baigné dans le silence, les ténèbres, la misère et la bestialité. Et si l’on peut reprocher à Hilcoat un certain manque de rythme, on ne peut que louer sa maitrise totale de l’atmosphère. Plus de verdure, rien ne pousse ; plus de bruit, rien ne vit ; plus de lumière, le soleil ne brille plus. Et je vous passerai le descriptif des scènes d’horreur (la découverte d’un garde-manger vivant dans une maison par exemple), mais inutile de vous dire qu’après ce film, vous avez compris que le traitement apocalyptique holywoodien, gonflé d’espoir et d’orgueil, ne peut résister à cette approche nihiliste.

Alors oui, j’ai aimé ce film. Ce n’est pas un chef d’œuvre, ni un monument, mais il est puissant. Il faut l’avoir vu, et parvenir à entrer dans le rythme, sinon, sommeil garanti.

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